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Automne 2007


Bonjour à toutes et à tous,

Cela faisait trois ans, trois longues années, certes bien remplies, mais trois années tout de même que je n’étais pas revenue en Bolivie.

J’avais trois semaines pour donner un tout petit aperçu à Stéphane de ce qu’est ce pays que j’affectionne tant. Nous sommes donc restés quelques jours à Sucre, ville blanche au ciel bleu et habituellement calme, avant de monter à Potosí admirer son Cerro Rico rouge-orange depuis les ruelles aux façades colorées, Cochabamba ne nous a pas vu beaucoup à cause d’un bloqueo total, et de Santa Cruz, nous avons surtout profité de quelques jours dans le Parc Amboro en Amazonie.

Ferrocarril au départ de PotosiEt El Terrado ? J’ai bien entendu emmené Stéphane à la communauté avec un nouveau moyen de transport que je ne connaissais pas encore : le ferrocaril, un bus monté sur rail (il fonctionne depuis 1 an environ faisant le trajet Sucre-Potosí, mais le camion circule toujours)… Nous y sommes resté cinq jours. J’y suis revenue seule deux semaines, après le retour en France de Stéphane.

Tout le monde savait que je revenais, qui plus est avec ma pareja. Nous sommes donc arrivés tout tranquillement. J’ai pris conscience un peu plus tard que ceci était dû au fait que je suis considérée comme faisant partie de la communauté. Je vais et je viens, je pars mais je suis toujours revenue, un peu comme eux partent en ville, à la migration, et reviennent.

Cette simplicité m’a permis de retrouver la communauté et les habitants, tout en faisant découvrir à Stéphane tous les coins et les aspects d’El Terrado et des terradeños. Il a été totalement intégré, tacitement, à toutes les activités !

En trois ans, il y a eu beaucoup de changements notables…

Tout d’abord, le plus visible, de nouvelles constructions disséminées un peu partout dans la communauté : des toilettes, des réservoirs d’eau, une ou deux nouvelles maisons, et un jardin de jeux pour les enfants !

El Terrado - aout 2007 Jardin d'enfants à El Terrado - aout 2007
Mais surtout il y a la huerta, le jardin, le seul endroit de la communauté qui ait de l’eau en quantité toute l’année. Il y a un an et demi, dix hommes se sont groupés pour acheter cette huerta à sa propriétaire (l’ex-propriétaire de l’hacienda). Après avoir extrêmement difficilement réuni les fonds, ils se sont jurés de ne pas partir à la migration, mais de restaurer les terrasses, les bassins, les prises d’eau, de replanter des arbres, etc. Un travail titanesque quand on sait que ce jardin était laissé à l’abandon depuis la fin des années 1950, après la réforme agraire de 1952. Acculé tant par la pauvreté que par le désespoir, ils ont obtenu in extremis un petit financement qui leur a permis de poursuivre leur tâche gigantesque. Lorsque l’on voit à présent la huerta, on ne peut qu’être admiratif de leur persévérance, de leur travail et de leur courage. Et très sincèrement, je les admire.
Néanmoins, ils n’ont pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. Ils souhaitent restaurer la magnifique maison d’hacienda pour faire du tourisme… Et voici maintenant que ce sont leurs femmes qui veulent un poulailler de 500 poules pondeuses !

Notre venue était attendue avec impatience et inquiétude. Les responsables et participants à ces projets souhaitaient nous soumettre leurs désirs, avoir notre aval, et nous demander de les aider. Quelle confiance…

L’atelier des enfants fonctionne toujours. Et même mieux : une maman de la communauté est chargée de son bon fonctionnement. Trois fois par semaine une trentaine de gamins envahissent sans complexe la pièce qui leur est réservée dans la maison communale. Le samedi soir, c’est plus de soixante enfants qui viennent, un verre à la main, pour la distribution de lait chaud avec des céréales. L’atelier est sans aucun doute un élément central dans la vie de ces gosses.

Aujourd’hui, un ordinateur et une bibliothèque sont indispensables. Mais aucun financement n’est à espérer en Bolivie, alors, on se retourne vers nous … Autre projet à prévoir…


Le groupe des femmes de l’Etoile du Matin a fait d’incroyables progrès et elles continuent à se perfectionner. Les tissages sont très bien réalisés et les objets également. Des magasins de Sucre, Potosi et La Paz ont en dépôt leur artisanat. En France il se vend rapidement. Nous sommes d’ailleurs revenus avec une grosse quantité d’artisanat, en fait tout ce qu’il nous était possible de mettre dans la valise ! Le groupe des femmes est en phrase de transition. L’activité artisanale se transforme en micro-entreprise. En effet, l’argent, le travail, les règles, les formations et les participations aux expositions ne vont pas sans causer quelques heurts inévitables à ce stade. Grâce à la sagesse de quelques-unes, elles les surmonteront. Mais quels apprentissages et quel chemin parcouru depuis quelques années.

Un bémol toutefois dans ce paysage… Si nous sommes en hiver et que ceci explique l’absence de nombreux terradeños, la population de la communauté d’El Terrado a toutefois indéniablement diminuée. Deux raisons à cela. Beaucoup trop de morts, et des morts jeunes, à cause de ce fléau qu’est la maladie de Chagas et qui touche 90% des habitants. Et un fait nouveau : autrefois, c’est-à-dire il y a trois ans, les habitants partaient à la migration pour revenir avec un petit pécule qui leur permettait de vivre et d’améliorer leur vie quotidienne. Aujourd’hui, les terradeños partent et ne reviennent pas tous, certains sont en Argentine, au Chili, et une jeune fille est même partie en Espagne… Partir et ne pas revenir était encore impensable il y a quelques années.

Désormais, ceux qui restent veulent coûte que coûte transformer leur quotidien. D’où le nombre de réalisations faites en si peu de temps et les projets multiples qu’ils ont.

A la tête de toute cette organisation, un couple leader, deux responsables que tout le monde respecte et écoute. Rien ne se décide sans leur aval. Ils aiment leur communauté et ragent parfois de ne pas réussir à aller plus loin plus vite.

Un couple sur qui l’on peut reposer et à qui l’ont peu sans crainte faire confiance, comme l’ont souligné les communautaires lors des réunions que nous avons eu ensemble. C’est avec eux que nous allons bâtir les différents projets pour la communauté. Avant mon départ, les terradeños ont tout remis entre nos mains : ceux de ce couple et les nôtres, les miennes et celles de Stéphane, ainsi qu’à Apapaya. Nous avons donc les uns et les autres du travail en perspective… Mais la motivation est au rendez-vous !

Pour tous ceux qui le souhaitent, une e-lettre d’information les « potins des perroquets » pourra vous être envoyée pour vous tenir informé des nouvelles de la communauté d’El Terrado et de l’association Apapaya. Les délais entre chaque « potins des perroquets » dépendront de l’actualité et du temps que chacun de nous pourra y consacrer.

N’hésitez pas à nous contacter si vous le souhaitez.

A très bientôt,

Léti

PS : Vous pouvez aussi télécharger les « potins des perroquets » :

PDF - 5.3 Mo



Article rédigé par : Marie-Laetitia
Mis à jour le vendredi 14 mars 2008


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